Présidence de l’Assemblée nationale : Les multiples enjeux d’une candidature unique de l’opposition ?

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Présidence de l’Assemblée nationale : Les multiples enjeux d’une candidature unique de l’opposition ?

Même si elle reste encore minoritaire à l’Assemblée nationale suivant les résultats des dernières législatives, l’opposition garde encore l’espoir de voir la présidence de l’assemblée nationale basculer en sa faveur. Ce qui fait qu’elle compte proposer un candidat au perchoir. Mais pour certains acteurs politiques, les chances de l’opposition sont très minimes pour remporter ce combat.

Adji Mbergane Kanouté : « L’opposition n’a aucune chance pour briguer la présidence de l’Assemblée nationale »

Adji Mbergane Kanouté est catégorique. Pour elle, l’opposition n’a aucune chance à faire prévaloir pour briguer la présidence de l’Assemblée nationale. Seulement pour la députée de la 13ème législature et qui se prépare encore pour la rentrée solennelle de la 14ème, l’opposition est dans la manipulation. « L’opposition n’a aucune chance pour remporter la présidence de l’Assemblée nationale. Vous savez, pour être président de l’Assemblée nationale, il faut disposer de la majorité relative. Comme le stipule l’article 14 du règlement intérieur, le président de l’Assemblée nationale est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Maintenant, si cette majorité n’est pas atteinte au premier tour du scrutin majoritaire, il est
procédé à un second tour. 

Un tour pour une majorité relative et comme vous le savez, aujourd’hui la coalition BBY dispose de la majorité relative absolue même au sein de l’Assemblée nationale. C’est pourquoi je vous dis que l’opposition ne dispose absolument d’aucune chance pour briguer la présidence de cette institution parlementaire. Cependant, l’opposition est dans le dilatoire. Ces membres savent pertinemment que le président de l’Assemblée nationale ne peut pas venir d’eux. Ce n’est pas possible et c’est inadmissible. Maintenant il faut comprendre que l’opposition continue la manipulation de l’opinion », souligne Adji Mbergane Kanouté.

Thierno Bocoum : « Les choses peuvent basculer d’un camp à un autre selon les appréciations de certains députés »

Si pour la députée Adji Mbergane Kanouté l’opposition n’a aucune chance pour remporter la présidence de l’Assemblée nationale, l’ancien député de la 12ème législature, relativise.

Pour Thierno Bocoum, par rapport au mode de vote à l’Assemblée nationale, la présidence peut basculer d’un camp à un autre. Mais, poursuit-il toujours, tout dépendra de l’interprétation qu’en feront certains députés de la majorité comme de l’opposition. « L’opposition peut toujours avoir une chance dans la mesure où les choix qui vont être opérés au niveau de BBY peuvent ne pas recueillir le consentement de tous les députés et puisque nous allons vers un vote à bulletin secret, personne ne peut savoir le choix de l’autre et évidemment cela peut ouvrir une brèche pour tout député qui serait tenté de faire un vote sanction. 

Les choses peuvent basculer d’un camp à un autre selon les appréciations de certains députés qui, certainement, pourraient avoir des positions liées aux choix qui ont été opérés. On ne sait jamais, il peut tout le temps avoir des frustrations au sein de BBY. Et pour le passé Moustapha Niasse avait un concurrent au sein de BBY lors de son élection à la tête de l’Assemblée nationale, qui était le frère de l’ancien Premier ministre Mohamed Boun Abdallah Dionne. Cela dit, ce n’est pas évident au sein de la majorité », renseigne le président du mouvement AGIR.

« Ça peut créer une très grande surprise ! » 

Loin de rejeter totalement l’analyse de Thierno Bocoum, ce membre de la mouvance présidentielle et ancien vice-président à l’Assemblée nationale reste convaincu que par rapport au mode de vote, arithmétiquement l’opposition ne peut pas prendre la présidence de l’Assemblée nationale. Cependant, le haut cadre de BBY précise que la candidature unique de l’opposition à ce poste peut créer une grande surprise. « Si l’opposition présente un candidat unique, c’est un autre cas qui va se présenter. Car si elle présente un candidat et que tout leur vote est validé, ça peut créer une très grande surprise. Mais si tous les votes sont validés dans les camps l’un comme de l’autre, c’est BBY qui va remporter le siège. Mais arithmétiquement l’opposition ne peut pas prendre la présidence de l’Assemblée nationale avec le mode de votation. Qu’est-ce qui peut se passer ? C’est que dans les rangs de BBY, il se peut que quelqu’un se trompe de bulletin, parce qu’il y a beaucoup de nouveaux députés. Si par exemple un ou deux bulletins sont nuls, au lieu de 83, on se retrouve avec 81 députés et c’est ça le risque. Et ce cas aussi est valable pour l’opposition parce qu’il y a beaucoup de députés qui ne savent pas voter, parce que ce n’est pas le même vote qu’ils connaissent et les bulletins ne sont pas les mêmes », semble alerter notre interlocuteur qui préfère garder son anonymat.

Suffisant pour dire que la présidence de l’Assemblée nationale peut basculer dans l’un comme de l’autre camp suivant la réalité du climat dans les différentes coalitions et partis politiques…

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